Article – Comment oser prendre la parole en public ?

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Voici le second article que j’ai écrit sur l’invitation de Lauriane Eugène, autrice du blogzine Make it now et créatrice du Club des Slasheuses.  (voir aussi l’article Comment trouver sa voie ?). J’accompagne souvent des personnes qui ont de très beaux messages à partager mais ne savent pas comment prendre la parole en public. C’est aussi ton cas ? Voici quelques pistes concrètes pour gagner en aisance et puissance quand tu parles de ton activité 😉

 

COMMENT OSER PRENDRE LA PAROLE EN PUBLIC ?


Respecter et assumer ton style de communicant.e

Si tu es d’un naturel extraverti, tu vas aisément déployer tes talents de communicante dans cet exercice. Mais être introverti.e n’est pas un problème pour prendre la parole en public ! C’est simplement un style différent. Il est donc faux de croire que tu devrais paraître, ou pire, être quelqu’un d’autre pour réussir ta prise de parole. Tu pourras te sentir à l’aise et avoir de l’impact en misant sur ton authenticité. Tu es impressionné.e, c’est pour toi un vrai challenge de t’adresser à un groupe ? Autorise-toi pleinement ton émotion et assume-la face à tes interlocuteurs. Tu peux même le leur dire avec simplicité ! Ainsi, tu vas naturellement créer un lien avec ton auditoire fondé sur l’empathie et le « pouvoir de la vulnérabilité » défini par Brené Brown*.

Piste 1 : Quel est ton style de communicant.e ? Extravertie ou introvertie ? Quelles personnes connues et inspirantes ont un style similaire au tien ?

Rester concentré.e sur ton message

Prendre la parole en public est le moyen de partager largement un message qui te tient à coeur. En te concentrant sur ce que tu veux communiquer à ton auditoire, tu vas surmonter la peur et le stress inhérents à ce défi. Tu pourras alors te considérer comme le.a simple messager.ère de quelque chose d’important et qui a de la valeur, tant pour toi que pour tes interlocuteurs. Ainsi, tu vas « muscler » ta motivation à t’exprimer et pouvoir te concentrer sur l’essentiel en chassant les pensées parasites du style « Je vais avoir l’air ridicule » etc.

Piste 2 : Déplace le focus de toi-même à ton message : Pourquoi est-ce important ce que tu as à dire ? Quelle valeur ajoutée ton message apporte-t-il à ton auditoire ?

 

Fédérer ton auditoire autour de ta vision

Les valeurs dont ton message est porteur vont te permettre de le communiquer avec puissance. Ces valeurs s’expriment à travers la vision que tu vas proposer à tes interlocuteurs. Tout message adressé à un groupe témoigne d’une vision : celle d’un succès à construire ensemble. En définissant précisément la vision que tu veux faire passer, tu vas donner envie à tes auditeurs de t’écouter, de te suivre et de contribuer à la réalisation de ta vision. Pourquoi ? Parce que celle-ci trouvera un écho dans leurs propres valeurs et aspirations. C’est la démarche des leaders telle que Simon Sinek l’explique par son concept du « Why »*.

Piste 3 : Quelles sont les 3 valeurs phare portées par ton message ? Quelle vision ces valeurs te permettent-elles de proposer à ton auditoire ?

 

Une fois ton message bien défini et mémorisé, il peut être utile de t’entraîner auprès de personnes bienveillantes de ton entourage. Enfin, n’oublie pas de te préparer physiquement à communiquer avec aisance et puissance ! Je t’invite à prévoir au moins cinq minutes avant ton intervention pour t’étirer, et faire quelques exercices de respiration. Tu pourras ainsi installer le calme en toi et avoir une voix audible et posée qui te permettra d’exprimer les nuances de ta pensée.

Prêt.e à oser te mettre en lumière pour partager ton message ? 🙂

* À voir ou revoir :

Brené Brown : « Le Pouvoir de la vulnérabilité »

Simon Sinek : « Comment les grands leaders inspirent l’action »

 

Et si tu as envie d’aller plus loin, je t’invite à découvrir le parcours Pitch Impact.

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Article – Comment trouver sa voie ?

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Il y a quelques temps, j’ai écrit cet article sur l’invitation de Lauriane Eugène, autrice du blogzine Make it now et créatrice du Club des SlasheusesComment trouver sa voie ? Au fil de mes aventures professionnelles, cette interrogation m’a accompagnée. Parfois pétillante, souvent lancinante. Puis, j’ai fini par trouver ma réponse, comme une évidence. C’était à moi de la dessiner, sur mesure et unique. À mon image. Écrire cet article a donc été une bien jolie opportunité de partager ce que j’ai appris au cours de ce chemin. J’espère qu’il te sera une source d’inspiration si tu vis actuellement cette quête…

 

COMMENT TROUVER SA VOIE ?

 

Ta voie, c’est quoi exactement ?

Ta voie c’est le parcours professionnel en harmonie avec la personne que tu es, tes talents, besoins et valeurs. Ta voie, c’est ta manière unique d’exercer une activité qui te ressemble et qui est en phase avec la femme que tu es aujourd’hui et avec celle que tu aimerais devenir. Parce que ta voie, c’est d’abord la trajectoire singulière d’accomplissement de toi-même, du meilleur de toi-même. Elle prend racine dans ton présent pour te projeter dans le futur auquel tu aspires.

Comment la trouver ?

En partant de ton unicité pour ouvrir les possibles plutôt que des fiches-métiers de conseillers d’orientation ou de carrières. Pourquoi ? Parce qu’on estime que 85% des métiers de 2030 n’existent pas aujourd’hui* ! Alors si tu as du mal à trouver ta voie, c’est peut-être tout simplement parce qu’elle reste à inventer. Le community management qui explose aujourd’hui est ainsi apparu il y a tout juste une petite dizaine d’années. Les premières personnes à avoir repéré ce nouveau besoin ont su le faire parce qu’elles avaient en elles les talents pour le percevoir, le comprendre et pour y répondre.

Piste 1 : Quels sont tes talents singuliers et comment pourrais-tu les employer pour satisfaire un besoin émergent ou pour apporter une solution novatrice à un problème bien connu ?

En voulant exprimer ta voix plutôt que trouver ta voie : Ton activité professionnelle représente ta contribution unique à la beauté du monde. Ta manière originale d’exprimer le meilleur de toi-même et de partager cette richesse. Même si tu choisis un métier qui existe déjà, c’est en le réinventant que tu vas pouvoir non seulement t’épanouir, mais aussi apporter quelque chose d’irremplaçable et précieux.

Nous vivons un changement de paradigme économique, la valeur est de moins en moins dans les produits ou services mais de plus en plus dans les humains qui les apportent à la communauté. L’entreprise Zappos, leader mondial de la vente de chaussures en ligne, en est un bel exemple. Le coeur d’activité de cette entreprise n’a en soi rien de profondément distinctif. Mais l’objectif premier de son CEO Tony Hsieh est singulier : à travers son activité, il a à coeur d’apporter du bonheur (« delivering happiness ») à ses clients et collaborateurs. Cette aspiration qui aurait semblé naïve et ridicule hier est aujourd’hui la source du succès extraordinaire de cette entreprise. Pourquoi ? Parce que tout est cohérent et centré sur l’humain chez Zappos. Le modèle économique, le mode de recrutement et de fonctionnement interne, la qualité du service client…

Piste 2 : Comment t’inspirer de cet incroyable succès pour exprimer ta voix ?

  • Si tu es entrepreneuse : en osant partir de tes valeurs et talents, de ce qui te tient à coeur et de la différence que tu veux faire dans ce monde à travers tes produits ou services. En faisant de ton business un univers qui les déploie de manière authentique et impactante.
  • Si tu es salariée : prends pour guide la contribution que tu veux apporter et choisis un environnement professionnel qui te permettra de la déployer pleinement. En clarifiant ainsi tes priorités pour ta recherche d’emploi, tu éviteras de t’égarer dans des voies inadaptées. Et si ton job actuel ne te permet pas d’exprimer ta voix, c’est peut-être le moment de redéfinir tes objectifs de vie pour oser construire un parcours professionnel qui te ressemble ?

En dessinant plusieurs voies pour exprimer ta voix : Si tu lis cet article, c’est que tu es slasheuse de coeur, au moins 😉 Pour tracer ton chemin dans ce monde, tu as besoin d’exprimer différentes facettes de ce que tu es, d’explorer diverses voies ? Dans ce cas, je t’invite à « trouver le verbe de ta vie » selon la belle formule de Sarah Roubato. C’est en déclinant ce verbe à travers tes multiples activités que tu resteras alignée avec toi-même et créeras des voies qui te ressemblent sans risquer de t’éparpiller ou de te perdre. La cohérence et l’unité de ton parcours mettront peut-être du temps à se révéler, à toi comme aux autres, mais la conviction profonde d’être à ta place en ce monde t’habitera quoi que tu fasses. Et n’est-ce pas là l’essentiel ?

À lire :  « Trouve le verbe de ta vie » de Sarah Roubato 

Sur Tony Hsieh et Zappos et bien sûr son excellent livre « L’entreprise du bonheur »

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Idée reçue 2 : Pour être entrepreneur.e, il faut avoir confiance en soi – FAUX

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Véritable empêcheuse d’entreprendre en rond, cette idée reçue tient à la fois de la bête noire et du caméléon ! On la rencontre sans cesse sous des formes variées : “J’aimerais me lancer/faire plus de prospection/communiquer davantage sur les réseaux sociaux/trouver de nouveaux clients/élargir mon offre/me faire mieux rémunérer/pitcher ma startup… MAIS JE MANQUE DE CONFIANCE EN MOI

Toi aussi cette idée vient régulièrement te hanter ?
Mais pourquoi croyons-nous que dans l’ADN de l’entrepreneur.e il doit forcément y avoir plus de molécules “confiance en soi” que chez le reste des humains ? Et si cette évidence n’en était pas une ?

L’image de l’entrepreneur.e telle qu’elle est médiatisée nous amène naturellement à cette idée reçue.

En effet, la plupart du temps, les entrepreneurs.es dont on entend la voix sont connus. Et s’ils sont connus, c’est parce qu’ils ont DÉJÀ réussi.

Ils se sont donc fait la démonstration de leur capacité à créer du succès et disposent par conséquent d’une solide confiance en eux.

Même lorsqu’ils partagent les difficultés, erreurs et autres « plantages » de leur parcours, ils le font de manière rétrospective. Ces expériences sont dépassées, il leur est possible d’en témoigner avec détachement, sérénité et humour.

Pour exemple, je t’invite à voir ou revoir cette vidéo dans laquelle Jack Ma (fondateur d’Alibaba et 22e fortune mondiale) retrace ses « échecs ». Je trouve admirables l’aisance et la tranquille autodérision avec lesquelles il évoque les rejets et critiques auxquels il a été confronté.

Le problème, c’est qu’en le regardant on imagine qu’il a toujours été “comme ça”. Qu’il a démarré son activité avec cette extraordinaire confiance, puis qu’il a traversé chaque étape en demeurant inébranlable dans sa foi en lui-même et en son projet. On en conclut donc que pour réussir dans l’entrepreneuriat, il est nécessaire d’avoir une absolue et indéfectible confiance en soi. Et ce, dès le départ.

Or, force est de constater que lorsque l’on se lance / envisage de se lancer / traverse un moment difficile dans son activité, on est loin de la confiance débordante en soi. Très loin. De là à considérer “qu’on n’est pas fait.e pour ça” ou “qu’on est nul.le et qu’on n’y arrivera jamais”, il n’y a qu’un pas… qu’on franchit souvent allègrement.

Il s’agit là, me semble-t-il, des conséquences destructrices d’une illusion doublée d’une confusion.

La confiance en soi comme condition nécessaire à un projet entrepreneurial est une illusion.

La tranquille assurance d’un Jack Ma s’est construite précisément au fil des défis qu’il a traversés et appris à relever pour les transformer en forces. Au commencement de son aventure entrepreneuriale, il n’était assurément pas un demi-dieu doté d’une confiance surhumaine.

De fait, entreprendre implique de quitter sa zone de confort pour s’aventurer dans l’inconnu. Le doute et l’anxiété font donc partie du chemin. Ils sont même les indicateurs d’une bonne santé mentale ! Le sentiment d’insécurité que tu éprouves est normal et sain, il témoigne de ta perception juste d’une situation dont tu n’as pas encore fait l’expérience. C’est même ce sentiment d’insécurité qui, bien employé, va te permettre d’adapter en permanence ta stratégie pour agir de manière efficace.

La capacité à se remettre en question constitue un allié précieux pour savoir écouter ses clients afin d’enrichir son point de vue et créer une offre de valeur optimale. C’est bien grâce à cette capacité que tu ne fonceras pas dans le mur les yeux et oreilles fermés ! On peut donc parier que pour bâtir le business à succès qu’est devenu Alibaba, Jack Ma a dû lui aussi beaucoup douter 😉

Si la confiance en soi se construit, comment se lancer et avancer quand on est englué.e dans le doute ?

Là encore, je trouve le partage d’expérience de Jack Ma très intéressant. Il nous invite à dépasser une confusion fréquente, la confusion entre estime de soi et confiance en soi :

  • L’estime de soi touche à la valeur que nous accordons à ce que nous sommes, elle se situe sur le plan de l’ÊTRE.
  • La confiance en soi concerne l’évaluation que nous faisons de nos capacités, elle relève du plan du FAIRE.

Or, depuis l’enfance, nous avons souvent pris l’habitude d’évaluer notre valeur en tant que personne en fonction de nos capacités. À travers les notes de nos travaux scolaires par exemple : “Si j’ai une bonne note alors je suis une bonne personne” (et l’inverse en cas de mauvais note, malheureusement !). Nous avons ainsi appris à confondre notre identité (l’être, la personne) et nos capacités (les compétences DE LA personne).

Ce que nous rappelle Jack Ma, c’est qu’il importe de distinguer les deux : il lui arrive des choses qui peuvent sembler stupides et on lui dit même qu’il a des idées stupides, mais il martèle : “Je n’appartiens pas au club des gens stupides, si tant est qu’il existe”. Par ces mots, alors même qu’il rencontre des obstacles et se trouve confronté à ses limites, il refuse d’assimiler sa valeur en tant que personne à ses capacités. Qu’il s’agisse de l’absence de certaines capacités chez lui ou de leur non-reconnaissance importe peu. Il reste conscient qu’il n’est pas ses capacités ni la perception qu’en ont les autres. Pourquoi ? Parce qu’il a une solide estime de lui.

L’estime de toi, souffle vital de ton projet entrepreneurial.

  • Une solide estime de soi est le moteur de l’action car elle permet de surmonter la peur d’échouer. En effet, avec une bonne estime de soi, on peut aisément relativiser ses erreurs et les transformer en apprentissages utiles. Ainsi disparaissent les blocages du perfectionnisme et de la procrastination !
  • C’est elle également qui donne la possibilité de douter de manière constructive sans sombrer dans l’auto-dénigrement toxique. On passe alors de “Je n’y arriverai jamais, je suis nul.le” (note ici encore la confusion capacités/identité) à “Je vais me mettre en action et si je n’y arrive pas, je m’organiserai autrement”.
  • En ayant une bonne estime de toi, tu oses te lancer en acceptant de ne pas tout contrôler. Tu te donnes l’opportunité de connaître concrètement tes atouts pour t’appuyer dessus et les renforcer. Tu apprends aussi à respecter tes limites. Personne n’a toutes les capacités, il est donc important de savoir déléguer sans se sentir diminué.e !

Ainsi s’ouvre un monde de possibles car ta connaissance de toi-même peut pleinement se déployer. L’entrepreneuriat est aussi un chemin de développement personnel extraordinaire.  Chaque nouvelle expérience va t’amener à actualiser tes capacités et donc à nourrir positivement ton image de toi. Tu entres alors dans le cercle vertueux estime de toi / action / confiance en toi.

Comment cultiver ton estime de toi dans ta vie d’entrepreneur.e ?

Notre valeur en tant que personne humaine est inconditionnelle (un bon mantra en cas d’auto-dénigrement toxique !). Notre estime de nous-mêmes, en revanche, peut être cultivée par nos comportements : Notre estime de nous est proportionnelle à notre fidélité à nous-mêmes, à notre intégrité. C’est-à-dire au respect que nous portons à nos valeurs, talents et parcours de vie dans notre quotidien.

Plus ce que tu dis ou fais est en accord avec ce que tu es profondément, plus ton estime de toi grandit. Et inversement, si dans ton business tu adoptes un mode de fonctionnement qui va à l’encontre de ce que tu es, cette absence de cohérence et d’alignement va t’amener à te mésestimer. Il sera alors difficile d’oser te mettre en lumière, valoriser ton travail, fixer tes tarifs et les assumer, etc.

La solution ? T’écouter, te respecter en construisant une entreprise à ton image.
En osant créer ton business unique, c’est toute ton activité qui cultive et exprime ton estime de toi.
Quoi de plus inspirant pour toi comme pour tes clients ?
À ce sujet, lire Idée reçue 1

Voici quelques pistes pour déployer ton estime de toi dans toutes les facettes de ton activité :

1. Quelles sont les 3 valeurs principales sur lesquelles tu veux fonder ton entreprise ?
2. Comment peux-tu les rendre concrètes dans ton modèle économique, ton organisation et ta communication ?
Envie d’inspiration ? Découvre le cheminement d’autres Néopreneurs/es 

Alors pour être entrepreneur.e, faut-il avoir confiance en soi ?

La confiance en soi est l’effet secondaire d’un voyage entrepreneurial réussi. C’est l’estime de soi et la fidélité à soi-même qui permettent de cheminer vers l’épanouissement et le succès dans nos vie d’entrepreneurs.es.

Une raison de plus pour se lancer dans l’entrepreneuriat, non ?😀

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Idée reçue 1 : Pour réussir, un entrepreneur doit savoir (se) vendre – FAUX

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Chez les Néopreneurs/es on peut craindre l’échec parce qu’on n’est pas des “vendeurs dans l’âme”, de ceux qui “vendraient du sable en plein désert”. Mais que signifie vendre du sable dans le désert si ce n’est mystifier son interlocuteur ?

Cette idée reviendrait donc à dire qu’un bon entrepreneur est un bon… arnaqueur.

J’ai regardé les différents sens du verbe “vendre” dans le Larousse, et j’y ai retrouvé cette dimension d’immoralité : Faire commerce de quelque chose, de personnes contre des bénéfices, sans souci moral : Vendre son corps, son talent. Vendre de la drogue. (…) Trahir quelqu’un, un groupe, les dénoncer contre de l’argent ou un avantage quelconque : Vendre ses complices à la police.

Bref, savoir (se) vendre signifierait savoir escroquer, trahir, voire se prostituer…
Dans ces conditions, s’il faut (se) vendre pour réussir, entreprendre aurait tout d’un dilemme cornélien : 

Réussir en renonçant à ses valeurs ou rester intègre et échouer.

Autant choisir entre la peste et le choléra… Ce sera sans moi, merci.
Et si on empruntait plutôt la troisième voie ?

J’ai la conviction qu’il est naturel de réussir grâce à son intégrité. Et une foultitude d’exemples qui en témoigne.

Les entrepreneurs/es avec qui je travaille ont un point en commun : ils ne veulent pas seulement faire du profit mais contribuer à changer le monde. Leur objectif fondamental n’est donc pas de faire du chiffre mais d’abord d’aider leurs clients, de leur rendre la vie plus belle.

Est-ce qu’on a besoin de savoir (se) vendre pour ça ?

De faire connaître et d’expliquer la valeur que l’on apporte, oui. Tout en faisant confiance à l’intelligence de nos clients qui sont des adultes compétents et autonomes. Ils savent (tout comme nous savons en tant que consommateurs!) reconnaître une solution pertinente à leur problème, comprendre ce qu’elle peut leur apporter, et donc s’en doter.


Je ne sais pas vous, mais moi j’aime être considérée comme une interlocutrice valable, j’aime que l’on respecte ma capacité à évaluer la valeur qu’on me propose et à me déterminer par moi-même. Et si j’ai à choisir entre une entreprise qui cherche à vendre sa solution en me poussant à l’achat par un arsenal de techniques commerciales v/s une entreprise qui me donne de l’information de qualité sur ce qu’elle fait en s’intéressant à mes besoins et sans chercher à m’influencer ? Je deviendrai naturellement cliente de la seconde. Quand bien même je ne serais pas concernée par ce qu’offre cette entreprise, j’aurais plaisir à parler d’elle autour de moi, à être son ambassadrice.

Un exemple ? Lorsque j’ai cherché une banque pour ouvrir le compte professionnel de mon entreprise, j’ai rencontré :

  • Banque traditionnelle Machin : La conseillère savait très bien “vendre”. Elle a cherché à m’imposer comme condition sine qua non à l’ouverture du compte une assurance “Hommes clés” (formulation machiste en plus!). Face à mon refus, elle a indiqué que puisque j’étais “réfractaire”, elle n’insisterait “pas trop” mais qu’elle attendrait quand même de moi que je “joue le jeu” pour toutes les offres complémentaires qu’elle ne manquerait pas de me proposer régulièrement… Pardon?!
  • Startup Truc : Mon interlocuteur s’est immédiatement concentré sur mes besoins. Faute de pouvoir y répondre dans l’actuelle version bêta de son application, il m’a proposé de me tenir au courant puis souhaité de réussir… Pas mal !
  • Banque pro en ligne Bidule :  Offre ciblée et compétitive, délai de réponse plus court qu’annoncé, interlocutrice à l’écoute et attentive à mes besoins, témoignant de l’intérêt pour mon activité et mon parcours. Super, je signe où ??

BILAN : – 10 pour La Banque Machin (tentative de manipulation, condescendance, traite ses prospects comme des portefeuilles à sa disposition) / + 10 pour la Startup Truc (centrée sur les besoins des prospects et la meilleure solution à leur apporter, empathie et bienveillance) / +1 cliente pour La Banque Bidule (idem Startup Truc, la solution pertinente en plus !).

Je n’aime pas que l’on me vende quelque chose, j’aime que l’on communique avec moi en respectant mon intelligence et ma liberté. Et comme je veux contribuer à quelque chose de plus grand que moi, y compris en tant que consommatrice, je soutiens les entreprises qui ont une démarche intègre et respectueuse plutôt qu’un attirail de techniques commerciales imparables. Pas vous ?

Alors faut-il savoir (se) vendre pour réussir quand on est entrepreneur/e ? Il me semble plus essentiel et constructif de savoir (se) respecter : Avoir à coeur de partager sa vision et la valeur que l’on crée en témoignant un intérêt sincère à ses clients. Déployer son intégrité d’entrepreneur/e en communicant avec authenticité et respect permet de nouer des liens de partenariat durables avec ses parties prenantes, n’est-ce pas la clé du succès ?

Et si le défi de l’entrepreneur du XXIe siècle était de faire évoluer la définition du verbe “vendre” ?
J’imagine ainsi le Larousse de 2040 :
VENDRE (verbe transitif) : Créer et partager de la valeur en partenariat avec ses parties prenantes pour rendre le monde plus beau.
Je suis prête à y contribuer, et vous ? 🙂

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