Idée reçue 2 : Pour être entrepreneur.e, il faut avoir confiance en soi – FAUX

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Véritable empêcheuse d’entreprendre en rond, cette idée reçue tient à la fois de la bête noire et du caméléon ! On la rencontre sans cesse sous des formes variées : “J’aimerais me lancer/faire plus de prospection/communiquer davantage sur les réseaux sociaux/trouver de nouveaux clients/élargir mon offre/me faire mieux rémunérer/pitcher ma startup… MAIS JE MANQUE DE CONFIANCE EN MOI

Toi aussi cette idée vient régulièrement te hanter ?
Mais pourquoi croyons-nous que dans l’ADN de l’entrepreneur.e il doit forcément y avoir plus de molécules “confiance en soi” que chez le reste des humains ? Et si cette évidence n’en était pas une ?

L’image de l’entrepreneur.e telle qu’elle est médiatisée nous amène naturellement à cette idée reçue.

En effet, la plupart du temps, les entrepreneurs.es dont on entend la voix sont connus. Et s’ils sont connus, c’est parce qu’ils ont DÉJÀ réussi.

Ils se sont donc fait la démonstration de leur capacité à créer du succès et disposent par conséquent d’une solide confiance en eux.

Même lorsqu’ils partagent les difficultés, erreurs et autres « plantages » de leur parcours, ils le font de manière rétrospective. Ces expériences sont dépassées, il leur est possible d’en témoigner avec détachement, sérénité et humour.

Pour exemple, je t’invite à voir ou revoir cette vidéo dans laquelle Jack Ma (fondateur d’Alibaba et 22e fortune mondiale) retrace ses « échecs ». Je trouve admirables l’aisance et la tranquille autodérision avec lesquelles il évoque les rejets et critiques auxquels il a été confronté.

Le problème, c’est qu’en le regardant on imagine qu’il a toujours été “comme ça”. Qu’il a démarré son activité avec cette extraordinaire confiance, puis qu’il a traversé chaque étape en demeurant inébranlable dans sa foi en lui-même et en son projet. On en conclut donc que pour réussir dans l’entrepreneuriat, il est nécessaire d’avoir une absolue et indéfectible confiance en soi. Et ce, dès le départ.

Or, force est de constater que lorsque l’on se lance / envisage de se lancer / traverse un moment difficile dans son activité, on est loin de la confiance débordante en soi. Très loin. De là à considérer “qu’on n’est pas fait.e pour ça” ou “qu’on est nul.le et qu’on n’y arrivera jamais”, il n’y a qu’un pas… qu’on franchit souvent allègrement.

Il s’agit là, me semble-t-il, des conséquences destructrices d’une illusion doublée d’une confusion.

La confiance en soi comme condition nécessaire à un projet entrepreneurial est une illusion.

La tranquille assurance d’un Jack Ma s’est construite précisément au fil des défis qu’il a traversés et appris à relever pour les transformer en forces. Au commencement de son aventure entrepreneuriale, il n’était assurément pas un demi-dieu doté d’une confiance surhumaine.

De fait, entreprendre implique de quitter sa zone de confort pour s’aventurer dans l’inconnu. Le doute et l’anxiété font donc partie du chemin. Ils sont même les indicateurs d’une bonne santé mentale ! Le sentiment d’insécurité que tu éprouves est normal et sain, il témoigne de ta perception juste d’une situation dont tu n’as pas encore fait l’expérience. C’est même ce sentiment d’insécurité qui, bien employé, va te permettre d’adapter en permanence ta stratégie pour agir de manière efficace.

La capacité à se remettre en question constitue un allié précieux pour savoir écouter ses clients afin d’enrichir son point de vue et créer une offre de valeur optimale. C’est bien grâce à cette capacité que tu ne fonceras pas dans le mur les yeux et oreilles fermés ! On peut donc parier que pour bâtir le business à succès qu’est devenu Alibaba, Jack Ma a dû lui aussi beaucoup douter 😉

Si la confiance en soi se construit, comment se lancer et avancer quand on est englué.e dans le doute ?

Là encore, je trouve le partage d’expérience de Jack Ma très intéressant. Il nous invite à dépasser une confusion fréquente, la confusion entre estime de soi et confiance en soi :

  • L’estime de soi touche à la valeur que nous accordons à ce que nous sommes, elle se situe sur le plan de l’ÊTRE.
  • La confiance en soi concerne l’évaluation que nous faisons de nos capacités, elle relève du plan du FAIRE.

Or, depuis l’enfance, nous avons souvent pris l’habitude d’évaluer notre valeur en tant que personne en fonction de nos capacités. À travers les notes de nos travaux scolaires par exemple : “Si j’ai une bonne note alors je suis une bonne personne” (et l’inverse en cas de mauvais note, malheureusement !). Nous avons ainsi appris à confondre notre identité (l’être, la personne) et nos capacités (les compétences DE LA personne).

Ce que nous rappelle Jack Ma, c’est qu’il importe de distinguer les deux : il lui arrive des choses qui peuvent sembler stupides et on lui dit même qu’il a des idées stupides, mais il martèle : “Je n’appartiens pas au club des gens stupides, si tant est qu’il existe”. Par ces mots, alors même qu’il rencontre des obstacles et se trouve confronté à ses limites, il refuse d’assimiler sa valeur en tant que personne à ses capacités. Qu’il s’agisse de l’absence de certaines capacités chez lui ou de leur non-reconnaissance importe peu. Il reste conscient qu’il n’est pas ses capacités ni la perception qu’en ont les autres. Pourquoi ? Parce qu’il a une solide estime de lui.

L’estime de toi, souffle vital de ton projet entrepreneurial.

  • Une solide estime de soi est le moteur de l’action car elle permet de surmonter la peur d’échouer. En effet, avec une bonne estime de soi, on peut aisément relativiser ses erreurs et les transformer en apprentissages utiles. Ainsi disparaissent les blocages du perfectionnisme et de la procrastination !
  • C’est elle également qui donne la possibilité de douter de manière constructive sans sombrer dans l’auto-dénigrement toxique. On passe alors de “Je n’y arriverai jamais, je suis nul.le” (note ici encore la confusion capacités/identité) à “Je vais me mettre en action et si je n’y arrive pas, je m’organiserai autrement”.
  • En ayant une bonne estime de toi, tu oses te lancer en acceptant de ne pas tout contrôler. Tu te donnes l’opportunité de connaître concrètement tes atouts pour t’appuyer dessus et les renforcer. Tu apprends aussi à respecter tes limites. Personne n’a toutes les capacités, il est donc important de savoir déléguer sans se sentir diminué.e !

Ainsi s’ouvre un monde de possibles car ta connaissance de toi-même peut pleinement se déployer. L’entrepreneuriat est aussi un chemin de développement personnel extraordinaire.  Chaque nouvelle expérience va t’amener à actualiser tes capacités et donc à nourrir positivement ton image de toi. Tu entres alors dans le cercle vertueux estime de toi / action / confiance en toi.

Comment cultiver ton estime de toi dans ta vie d’entrepreneur.e ?

Notre valeur en tant que personne humaine est inconditionnelle (un bon mantra en cas d’auto-dénigrement toxique !). Notre estime de nous-mêmes, en revanche, peut être cultivée par nos comportements : Notre estime de nous est proportionnelle à notre fidélité à nous-mêmes, à notre intégrité. C’est-à-dire au respect que nous portons à nos valeurs, talents et parcours de vie dans notre quotidien.

Plus ce que tu dis ou fais est en accord avec ce que tu es profondément, plus ton estime de toi grandit. Et inversement, si dans ton business tu adoptes un mode de fonctionnement qui va à l’encontre de ce que tu es, cette absence de cohérence et d’alignement va t’amener à te mésestimer. Il sera alors difficile d’oser te mettre en lumière, valoriser ton travail, fixer tes tarifs et les assumer, etc.

La solution ? T’écouter, te respecter en construisant une entreprise à ton image.
En osant créer ton business unique, c’est toute ton activité qui cultive et exprime ton estime de toi.
Quoi de plus inspirant pour toi comme pour tes clients ?
À ce sujet, lire Idée reçue 1

Voici quelques pistes pour déployer ton estime de toi dans toutes les facettes de ton activité :

1. Quelles sont les 3 valeurs principales sur lesquelles tu veux fonder ton entreprise ?
2. Comment peux-tu les rendre concrètes dans ton modèle économique, ton organisation et ta communication ?
Envie d’inspiration ? Découvre le cheminement d’autres Néopreneurs/es 

Alors pour être entrepreneur.e, faut-il avoir confiance en soi ?

La confiance en soi est l’effet secondaire d’un voyage entrepreneurial réussi. C’est l’estime de soi et la fidélité à soi-même qui permettent de cheminer vers l’épanouissement et le succès dans nos vie d’entrepreneurs.es.

Une raison de plus pour se lancer dans l’entrepreneuriat, non ?😀

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Idée reçue 1 : Pour réussir, un entrepreneur doit savoir (se) vendre – FAUX

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Chez les Néopreneurs/es on peut craindre l’échec parce qu’on n’est pas des “vendeurs dans l’âme”, de ceux qui “vendraient du sable en plein désert”. Mais que signifie vendre du sable dans le désert si ce n’est mystifier son interlocuteur ?

Cette idée reviendrait donc à dire qu’un bon entrepreneur est un bon… arnaqueur.

J’ai regardé les différents sens du verbe “vendre” dans le Larousse, et j’y ai retrouvé cette dimension d’immoralité : Faire commerce de quelque chose, de personnes contre des bénéfices, sans souci moral : Vendre son corps, son talent. Vendre de la drogue. (…) Trahir quelqu’un, un groupe, les dénoncer contre de l’argent ou un avantage quelconque : Vendre ses complices à la police.

Bref, savoir (se) vendre signifierait savoir escroquer, trahir, voire se prostituer…
Dans ces conditions, s’il faut (se) vendre pour réussir, entreprendre aurait tout d’un dilemme cornélien : 

Réussir en renonçant à ses valeurs ou rester intègre et échouer.

Autant choisir entre la peste et le choléra… Ce sera sans moi, merci.
Et si on empruntait plutôt la troisième voie ?

J’ai la conviction qu’il est naturel de réussir grâce à son intégrité. Et une foultitude d’exemples qui en témoigne.

Les entrepreneurs/es avec qui je travaille ont un point en commun : ils ne veulent pas seulement faire du profit mais contribuer à changer le monde. Leur objectif fondamental n’est donc pas de faire du chiffre mais d’abord d’aider leurs clients, de leur rendre la vie plus belle.

Est-ce qu’on a besoin de savoir (se) vendre pour ça ?

De faire connaître et d’expliquer la valeur que l’on apporte, oui. Tout en faisant confiance à l’intelligence de nos clients qui sont des adultes compétents et autonomes. Ils savent (tout comme nous savons en tant que consommateurs!) reconnaître une solution pertinente à leur problème, comprendre ce qu’elle peut leur apporter, et donc s’en doter.


Je ne sais pas vous, mais moi j’aime être considérée comme une interlocutrice valable, j’aime que l’on respecte ma capacité à évaluer la valeur qu’on me propose et à me déterminer par moi-même. Et si j’ai à choisir entre une entreprise qui cherche à vendre sa solution en me poussant à l’achat par un arsenal de techniques commerciales v/s une entreprise qui me donne de l’information de qualité sur ce qu’elle fait en s’intéressant à mes besoins et sans chercher à m’influencer ? Je deviendrai naturellement cliente de la seconde. Quand bien même je ne serais pas concernée par ce qu’offre cette entreprise, j’aurais plaisir à parler d’elle autour de moi, à être son ambassadrice.

Un exemple ? Lorsque j’ai cherché une banque pour ouvrir le compte professionnel de mon entreprise, j’ai rencontré :

  • Banque traditionnelle Machin : La conseillère savait très bien “vendre”. Elle a cherché à m’imposer comme condition sine qua non à l’ouverture du compte une assurance “Hommes clés” (formulation machiste en plus!). Face à mon refus, elle a indiqué que puisque j’étais “réfractaire”, elle n’insisterait “pas trop” mais qu’elle attendrait quand même de moi que je “joue le jeu” pour toutes les offres complémentaires qu’elle ne manquerait pas de me proposer régulièrement… Pardon?!
  • Startup Truc : Mon interlocuteur s’est immédiatement concentré sur mes besoins. Faute de pouvoir y répondre dans l’actuelle version bêta de son application, il m’a proposé de me tenir au courant puis souhaité de réussir… Pas mal !
  • Banque pro en ligne Bidule :  Offre ciblée et compétitive, délai de réponse plus court qu’annoncé, interlocutrice à l’écoute et attentive à mes besoins, témoignant de l’intérêt pour mon activité et mon parcours. Super, je signe où ??

BILAN : – 10 pour La Banque Machin (tentative de manipulation, condescendance, traite ses prospects comme des portefeuilles à sa disposition) / + 10 pour la Startup Truc (centrée sur les besoins des prospects et la meilleure solution à leur apporter, empathie et bienveillance) / +1 cliente pour La Banque Bidule (idem Startup Truc, la solution pertinente en plus !).

Je n’aime pas que l’on me vende quelque chose, j’aime que l’on communique avec moi en respectant mon intelligence et ma liberté. Et comme je veux contribuer à quelque chose de plus grand que moi, y compris en tant que consommatrice, je soutiens les entreprises qui ont une démarche intègre et respectueuse plutôt qu’un attirail de techniques commerciales imparables. Pas vous ?

Alors faut-il savoir (se) vendre pour réussir quand on est entrepreneur/e ? Il me semble plus essentiel et constructif de savoir (se) respecter : Avoir à coeur de partager sa vision et la valeur que l’on crée en témoignant un intérêt sincère à ses clients. Déployer son intégrité d’entrepreneur/e en communicant avec authenticité et respect permet de nouer des liens de partenariat durables avec ses parties prenantes, n’est-ce pas la clé du succès ?

Et si le défi de l’entrepreneur du XXIe siècle était de faire évoluer la définition du verbe “vendre” ?
J’imagine ainsi le Larousse de 2040 :
VENDRE (verbe transitif) : Créer et partager de la valeur en partenariat avec ses parties prenantes pour rendre le monde plus beau.
Je suis prête à y contribuer, et vous ? 🙂

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